« La maison des ailes brisées »

Petit poète vous invite dans l’intimité de « La maison des ailes brisées ».
Sa première nouvelle retrace avec poésie la réalité du parcours des gens de passage dans la maison d’accueil de transit tenue par ses parents pendant 40 ans, ceux qu’il appelle les papillons.
À travers ses yeux d’enfant, il partage les tranches de vie qui l’ont marqué, entre douceur, fragilité et humanité.
Pour illustrer cet univers, il s’est entouré de Charlotte Lengohr, rencontrée grâce au parcours Inspire du Comptoir des Ressources Créatives de Verviers. Elle donnera vie aux papillons en dessin, avec l’ambition commune de faire éditer cette nouvelle — et pourquoi pas, l’adapter en spectacle. 🎭
💬 Si vous souhaitez le soutenir dans ce nouveau projet, voici ses besoins actuels :
– des éditeurs et distributeurs pour la publication du livre
– des libraires et médias pour sa promotion
– un metteur en scène et des programmateurs pour sa déclinaison scénique
« Premier acte »
Vous souhaitez un extrait d’une chanson de Petit poète écrite à la main et encadrée?
Choisissez l’extrait qui vous parle parmi les paroles des titres de son premier album et contactez-le.
Les textes ne sont pas libres de droits.

« Anahata »
Paroles et musique : Xavier Roberti
Chant : Talisa Anibie
Le jour se lève à peine
Un grain de sable embrasse le fond
Le sablier s’égrène
C’est ma première inspiration
Le temps coule dans mes veines
Il suit mon cœur à l’unisson
Je descends dans l’arène
J’abandonne ma place au balcon
L’odeur et le toucher
Façonnent mes premières impressions
La douceur d’un baiser
M’ouvre la porte des émotions
Mes yeux cherchent à aimer
Et se perdent dans l’horizon
J’inverse le sablier
Profitant d’un temps sans raison
La vie tient ses promesses
Alors je savoure chaque instant
Porté par la tendresse
Je découvre un monde fascinant
Mes pensées apparaissent
Je peux forger mes sentiments
Je choisis l’allégresse
Même si elle cale de temps en temps
Les grains de sable s’empilent
J’ai l’esprit libre et toutes mes dents
Je cherche un peu mon style
Et les mots me viennent en rêvant
La poésie distille
Ses rimes et rythme mon cœur d’enfant
L’innocence est fragile
Je me sens un peu différent
Je me construis des mondes
Où l’harmonie dicte le ton
C’est mon âme que je sonde
Et je me love dans ses tréfonds
La légèreté m’inonde
La tête et le cœur en frisson
Mes pensées vagabondent
Mais quelque chose ne tourne pas rond
Je vois autour de moi
Je me sens triste et un peu con
Les humains font des choix
Dont je ne comprends pas le fond
Bienvenue à Gattaca
L’école ressemble à une prison
Je ne me défends pas
J’ai pour amie l’humiliation
J’ai capté le message
La poésie n’a pas d’espace
Quand je rêve du sage
Il vaut mieux que je m’efface
Je construis mon image
Je suis leurs codes et prends ma place
Le cœur tourne la page
Anahata se lasse
Ma gorge se resserre
Je compte le sable qui s’entasse
Je peux me passer d’air
Je courbe l’échine et le thorax
La peur comme conseillère
Je troque mes ailes pour des crevasses
Je me crois bien couvert
Mais j’ai ma plume qui me dépasse
J’invente un alphabet
Je couche les mots sur le papier
Je cultive le secret
Pour éviter d’être blessé
Je leur fais de l’effet
Je prends mon cerveau pour allié
Je maîtrise mon sujet
Anticiper puis esquiver
J’ai changé de visage
Pour accepter l’humanité
J’ai peaufiné ma cage
Je m’y crois en sécurité
Anahata enrage
Elle se sent un peu condamnée
Le temps vire à l’orage
J’ai trop serré le sablier
Le flux ne passe plus
Le contrôle est ma seule boussole
L’inspiration s’est tue
J’ai du mal avec mes paroles
Le cœur en garde-à-vue
J’ignore mon âme qui se désole
Et le jeu continue
Alors que le compteur s’affole
Le rideau va tomber
Sur mon spectacle de guignol
Les coutures ont lâché
J’ai le costume qui s’étiole
L’amour et l’amitié
Ont fini par payer l’obole
L’étau vient de céder
Je peux reprendre mon envol
Il me fallait un chêne
Pour revenir à ma nature
Pour briser une chaîne
Rien de tel qu’un long murmure
J’ai oublié ma haine
Toute ma rancœur et mes blessures
Je soigne mon cœur qui saigne
Et j’accepte ma signature
Je remercie le ciel
D’avoir pu forcer la serrure
Pour déployer mes ailes
Je n’ai pas besoin d’une armure
Anahata m’appelle
Elle a encore des courbatures
J’entends les grains qui perlent
Je kiffe le beat et la mesure
J’ai retrouvé de l’air
J’évite les vices de l’asphyxie
Quand la magie opère
L’alignement pulse la vie
Et si je désespère
Je contemple ce qui nous lie
L’eau, le feu, la terre
M’indiquent la route quand je dévie
J’entends sonner le glas
Ma partie est bientôt finie
La plume entre les doigts
La source est loin d’être tarie
Quand vous cherchez vos pas
Si vous sentez qu’on vous épie
Ne vous retournez pas
Anahata vous suit

« Passeur de charme »
Paroles et musique : Xavier Roberti
J’étale ma vie comme j’affûte mes armes
Je vous souris parfois jusqu’aux larmes
Mes mots irradient jusqu’à votre âme
Je suis le passeur de charme
J’ose et j’oscille tant que je me pâme
Je m’déshabille en livrant ma flamme
Je vous étrille, je vibre le drame
Je suis le passeur de charme
J’ai longtemps hésité
Je cherche encore ce qui m’habite
J’ai fini par oser
Sans trop savoir ce qui m’invite
J’ai parfois perdu pied
J’ai pris des coups et j’en suis quitte
L’expérience est sacrée
Je coule et rebondis très vite
J’ai créé ma lumière
Et elle me suit quand je la quitte
Je ferme mes paupières
Mais elle me consume en orbite
Le faisceau est amer
Il anticipe et ripe le beat
C’est un petit travers
Que je supporte, que rien n’évite
Je suis le passeur de charme
J’allume ma flamme quand je me crame
Je déploie mon charisme
Je vous sens pendus à mes lèvres
J’ai travaillé mon rythme
Ma performance vous donne la fièvre
Je prise et frise le prisme
Qui vous confronte à vos frontières
J’ai poussé dans l’abîme
Les miennes, je voudrais m’en défaire
Je vous envoie du lourd
Je prends des risques pour vous plaire
Je vous parle d’amour
Je prends la vie comme une prière
Je contourne le détour
Qui pourrait trahir ma colère
Je cherche du velours
Mais je vais pieds nus sur les pierres
Je suis le passeur de charme
Je sens ma flamme quand je me crame
Je dissimule mes cernes
Pour partager sans hésiter
Je saigne sur la scène
J’épuise le puit de ma clarté
Je traîne mon âme en peine
Adulé, pompé, esseulé,
Je cerne quand je discerne
Après le repos du guerrier
Je renais de mes cendres
J’ai peur de ma dualité
Je cherche à me défendre
Et je me pare de boucliers
Je confronte Cassandre
Mais je connais la vérité
Le phénix peut attendre
Je brillerai pour l’éternité
Je suis le passeur de charme
J’éteins ma flamme quand je me crame
Ma musique me séduit
Les notes dénotent et portent un cri
C’est moi que je trahis
Quand je renie ma mélodie
J’accepte qui je suis
Je scelle mon assise en sursis
Mon soleil m’éblouit
J’attise sans crise mon feu de vie
Je connais les étapes
Mon inspiration me sourit
J’esquive un max les frappes
J’exorcise ma peur de la nuit
J’ai l’aura qui décape
Elle veut enrichir l’harmonie
J’lui lâche un peu la grappe
Et elle rayonne sans faire de bruit
Je suis le passeur de charme
Qui prend racine au creux des larmes
Je choisis la vie, je suis la trame
Intuition divine, je chante « soham »
Je chéris la ligne, souvenir ogham
Je suis le passeur de mon âme
La lumière dévie, je quitte l’ashram
Votre enfant s’oublie, j’entends son slam
RIP au répit ma couronne s’enflamme
Je suis le passeur de vos âmes

« Le temps d’un soupir »
Paroles et musique : Xavier Roberti
Chant : Talisa Anibie
Je veux vous parler d’un ami
Qui s’annonce sans faire de bruit
Il faut parfois toute une vie
Pour capter sa mélodie
C’est peut-être son reflet
Qui lui donne cet effet
Il est tellement discret
Qu’on le prend pour un secret
Il ne laisse pas de trace
Et cherche parfois sa place
Quand le chagrin nous terrasse
On aimerait qu’il s’efface
Mais si on le regarde un peu
On voit bien qu’il est peureux
Les cris le rendent nerveux
Il se terre pour un adieu
Il n’est pas trop rancunier
Et n’aime pas rester caché
Le danger écarté
Il revient vous envelopper
C’est le cœur qu’il vous étrille
Sans le moindre éclat de vrille
Si vous lui ôtez la vie
Vous soufflez votre bougie
Il y a ceux qui le nient
Et celles qui le supplient
Ceux qui le défient
Et celles qui lui sourient
Celles qui l’envient
Et ceux qui l’oublient
Moi j’ai les yeux qui brillent
Quand je m’y réfugie
Au détour de vos soupirs
Vous pourriez le voir surgir
Sous la forme d’un zéphyr
Ou d’un joli sourire
Son petit air solennel
Vous paraîtra bien cruel
Ça n’a rien de personnel
C’est un peu son naturel
Il n’est pas vraiment docile
Mais il est souvent utile
Même s’il est assez fragile
Il recherche votre idylle
Si vous voulez lui plaire
N’hésitez pas à vous taire
Ce n’est pas qu’il est austère
Les mots le rendent éphémère
Il vous faudra patienter
Pour tirer ses vers du nez
Si vous le laissez entrer
Il pourra vous transcender
Quand il pose ses conditions
C’est pour dévoiler son nom
Laissez-le avoir raison
Ça évite la confusion
Il y a ceux qui le nient
Et celles qui le supplient
Ceux qui le défient
Et celles qui lui sourient
Celles qui l’envient
Et ceux qui l’oublient
Moi j’ai les yeux qui brillent
Quand je m’y réfugie
C’est une part de folie
Qui sans cesse vous déshabille
Puis que la nuit vous ravit
Il s’éclipse sans un bruit
N’ayez pas peur d’être à deux
Il n’a rien de prétentieux
Vous pourrez fermer les yeux
Pour accepter ses aveux
Il attendra que l’on ose
Pour ça, c’est un virtuose
Il arrive même qu’il se pose
Pour le parfum d’une prose
Je vais devoir vous quitter
Je vous laisse l’apprivoiser
Car c’est sur la pointe des pieds
Qu’il vient pour vous embrasser

« Laissez-moi léviter »
Paroles et musique : Xavier Roberti
Chant : Talisa Anibie
Je vis entre deux mondes
Je rêve de grands espaces
L’horizon me féconde
Je m’embrase et je l’embrasse
J’ai les mœurs vagabondes
Je respire comme je trace
Je compte chaque seconde
Quand le tic-tac me cadenasse
Je joue à la joconde
Mi-sourire, mi-grimace
Je rentre dans ma ronde
Et laisse la place à l’audace
Je trébuche et je tombe
Ma fierté me ramasse
J’ignore mon corps qui gronde
Et me passe de ses menaces
Je me sens immortel
Affirmé, efficace
Je réponds à l’appel
Des montagnes que je déplace
La mécanique nickel
Mon mental a la classe
Si je coulais une bielle
J’en maudirais ma carcasse
Vous me croyez cruel
Je suis juste tenace
Fidèle à mon duel
J’ai un adversaire coriace
Je forcerai la belle
L’égalité me froisse
Le jeu vaut la chandelle
Je cache ma flamme qui se tasse
Je m’invente des limites
Pour mieux les dépasser
Je cherche en vain le mythe
Qui abrite l’éternité
Plus loin, plus haut, plus vite
Le temps de tout tenter
Le repos se mérite
Laissez-moi léviter
Laissez-moi léviter
La vie est un défi
Je m’aligne sur la ligne
Les départs ont un prix
Même si jouer des coudes m’indigne
Quand le coup est parti
J’ai l’instinct rectiligne
En mode « fini-fini »
Je sais monter au pressing
La dopamine agit
Je trépigne à son signe
Si l’acide lactique suit
Je trime plus que je rechigne
Je sombre dans l’oubli
Je désigne la guigne
L’objectif qui dévie
C’est la honte qui m’égratigne
Je vise la corde raide
Digne d’adrénaline
J’ai trouvé mon remède
J’hausse la dose et stoppe le spleen
Je cède quand je concède
L’honneur est un insigne
J’excède quand il procède
Et grave le graff’ qui graffigne
J’observe ce qui m’obsède
Et j’ai les yeux qui clignent
Je pense à Diomède
J’ai eu l’illusion divine
Le succès me succède
Si je lâche la machine
J’entends mon cœur qui plaide
Quand j’assigne les consignes
Je m’invente des limites
Pour mieux les dépasser
Je cherche en vain le mythe
Qui abrite l’éternité
Plus loin, plus haut, plus vite
Le temps de tout tenter
Le repos se mérite
Laissez-moi léviter
Laissez-moi léviter
Je contemple l’aronde
Qui m’écrase de sa grâce
Je rêve que je surplombe
Mon ombre de toute sa classe
Je souris sur la tombe
De mes envies fugaces
La nuée qui abonde
C’est ça qui me dépasse
Je vis entre deux mondes
Je rêve de grands espaces
L’horizon me féconde
Je m’embrase et je l’embrasse
J’ai l’humeur vagabonde
Je respire comme je trace
Les sillons qui vous sondent
Et vous guident vers votre place
Je cerne mes limites
Pour mieux vous seconder
Je prends la part du mythe
Qui vous invite à oser
Plus loin, plus haut, plus vite
Sans jamais y penser
La passion qui m’habite
Laissez-moi la vibrer
Laissez-moi la vibrer
Je cerne mes limites
Pour mieux vous seconder
Je prends la part du mythe
Qui vous invite à oser
Plus loin, plus haut, plus vite
Sans jamais y penser
La passion qui m’habite
Laissez-moi la conter

« Remember Tyke »
Paroles et musique : Xavier Roberti
Chant : Talisa Anibie
Quand l’inconscience sert la souffrance,
Et s’évanouit l’espoir
Je puise l’histoire dans ma mémoire…
Éléphant sans défense
Il y a les gens qui causent
Et ceux que le silence caresse
Les gens qui posent les pauses
Et ceux qui professent sans paresse
Toi qui redoutes la glose
Tu te méfies de l’autre espèce
Ces gens qui forcent la dose
Et qui s’empressent d’en faire des caisses
Ils prennent la pose et osent
La prose qui frôle l’état d’ivresse
Ils déposent sur l’osmose
Leurs phrases et leurs gestes indigestes
C’est l’harmonie qu’ils faussent
En se vantant de leurs bassesses
Ils arrosent d’ecchymoses
Un monde dont la beauté te berce
Tu les écoutes poursuivre
Tu crains leurs dérapages acerbes
Le crachoir dans la mire
C’est leur connerie qu’ils exacerbent
En groupe c’est encore pire
Au bruit ils ajoutent la réverbe
Ils semblent nés pour nuire
Tes oreilles saignent comme un proverbe
Ils font parler le Livre
« Au commencement était le verbe »
Le message qui délivre
T’épuise en puisant dans la verve
Alors tu te retires
Tu prends distance et tu observes
C’est le calme qui t’enivre
Tu crois peut-être qu’il te préserve
Tu chéris la narcose
Anesthésie funeste
Après métamorphose
Sais-tu ce qu’il te reste?
Take it slow
Think it hard
Say it all the way you like
Deep in soul
From the heart
Truth is yours, remember Tyke
Take it slow
Le coeur qui se nécrose
Think it hard
C’est un cri de tristesse
Say it all the way you like
Deep in soul
Si la leur t’indispose
From the heart
Où est la voix qui te traverse?
Truth is yours, remember Tyke
Une vie volée au cirque
Forcée de danser sur 3 pieds
Le fouet la déchiquette
Des cicatrices pour amuser
Elle cherche sa tactique
Traîne un peu pour se défiler
Mais l’homme a la technique
Pour mâter, châtier, dominer
Alors elle prend des risques
En piétinant son palefrenier
Le chapiteau panique
Quand elle embrasse sa liberté
Ils appliquent le clic-clic
86 balles en public
La rebelle a du chic
Coiffe inique pour show fatidique
Son âme, c’était l’Afrique
Le bullhook n’y a rien changé
Les plaines du Mozambique
S’ouvrent à elle pour l’éternité
Take it slow
Tu chéris la narcose
Think it hard
Anesthésie funeste
Say it all the way you like
Deep in soul
Après métamorphose
From the heart
Sais-tu ce qu’il te reste?
Truth is yours, remember Tyke
Take it slow
Le coeur qui se nécrose
Think it hard
C’est un cri de tristesse
Say it all the way you like
Deep in soul
Si la leur t’indispose
From the heart
Où est la voix qui te traverse?
Truth is yours, remember Tyke
En tombant sous les tirs
Tyke a pu capter la lumière
Une parmi mille martyrs
La récidive t’exaspère
La justice veut surgir
Le flux qui monte te libère
Tu esquisses un sourire
T’es prêt à forcer les barrières
Sur un éclat de pire
Les mots jaillissent comme une prière
L’art a tout à offrir
À ceux qui posent leur première pierre
Je vois tes lèvres frémir
Vas-tu renoncer à te taire?
En saquant les sadiques
On humilie l’humanité
Dès qu’un marquis abdique
Le vivant veut rêver

« L’art du flow »
Paroles et musique : Xavier Roberti
Chant : Talisa Anibie
Un beat qui groove,
Je cale mes mots
Je laisse parler le mouve
Quand le flow donne le tempo
Les rimes approuvent,
Éprouvent l’égo
Je crois que je les trouve
Mais elles dictent le stylo
Ma tête se dit
Qu’elle donne le « do »
C’est mon cœur qui sourit
Quand elle se la joue solo
C’était écrit :
Je fuis le faux
J’ai retrouvé l’esprit
Et m’aligne sur le piano
Petite leçon du jour
Rien ne sert de forcer
C’est fluide et sans détour
Quand j’étale sur le papier
Parfois je passe mon tour
Mon mental joue l’acier
Mon cœur qui fait le sourd
C’est l’inspiration bouchée
Puis la musique rapplique
J’accorde la mélodie
Mon vague à l’âme abdique
Et je surfe sur l’harmonie
Je trippe sur les coups d’kick
La lounge sort sa magie
Elle active le déclic
Et la poésie surgit
Des formes et des symboles
Des lettres qui s’enchainent
Les traits sont des paroles
Qui germent dans mes gènes
Les pieds au ras du sol
Je compte ceux qui m’emmènent
J’appaire les paires, j’isole
Les anacrouses du système
Je prends ma liberté
J’ajoute et je retire
Les maths, c’est pas carré
J’arrondis sans raccourcir
L’équation écorchée
L’inconnue se retire
Je double la partie B
J’ai la structure qui s’étire
Les phrases viennent illico
Une idée se détache
J’ai touché le gros lot
Sans ratures et sans trash
Alors je suis le flow
Je lâche le cash qui fâche
Je reviens dans le slow
Dès que les maux se relâchent
La mine raye le papier
Et forge le récit
S’affaire sans ferrailler
En m’aiguisant l’esprit
Je cherche à l’acérer
C’est elle qui m’asservit
Et sculpte des piliers
Dans la roche de mes écrits
Un beat qui groove,
Je cale mes mots
Je laisse parler le mouve
Quand le flow donne le tempo
Les rimes approuvent
Éprouvent l’égo
Je crois que je les trouve
Mais elles dictent le stylo
Ma tête se dit
Qu’elle donne le « do »
C’est mon cœur qui sourit
Quand elle se la joue solo
C’était écrit :
Je fuis le faux
J’ai retrouvé l’esprit
Et m’aligne sur le piano
Je ralentis la pulse
Le débit sans pression
J’ai la tête qui convulse
Mon corps se nourrit du son
Je peaufine et j’expulse
Les notes qui tronquent le ton
Je mixe et je propulse
L’instru sans hésitation
J’expose les couplets
Les rimes s’alignent tranquilles
J’inverse les versets
Si la face précède la pile
Prendre le temps me plaît
L’équilibre est subtil
Je rajoute de l’effet
Quand le midi manque de style
À l’ombre des regards
Je m’éclaircis la voix
Je travaille mes départs
Pour éviter les faux-pas
Je profite des écarts
Pour me remettre au pas
Dès que le beat repart
J’essaie de filer droit
Une fois sur mes deux pieds
J’amortis certaines phrases
J’allonge ma foulée
Et c’est là que je m’écrase
Je saigne un peu du nez
Je me prends pour un naze
À force d’essayer
C’est moi que j’apprivoise
Car l’envie est trop forte
Le message veut sortir
Quand la passion te porte
Tu finis par réussir
C’est le rêve qui importe
Et l’art de le servir
Je me pointe sans escorte
Et j’arrive à vous l’offrir
Un beat qui groove,
Je cale mes mots
Je laisse parler le mouve
Quand le flow donne le tempo
Les rimes approuvent
Éprouvent l’égo
Je crois que je les trouve
Mais elles dictent le stylo
Ma tête se dit
Qu’elle donne le « do »
C’est mon cœur qui sourit
Quand elle se la joue solo
C’était écrit :
Je fuis le faux
J’ai retrouvé l’esprit
Et referme le piano

« Petit poète »
Paroles et musique : Xavier Roberti
Chant : Martin Roberti
Petit poète, les larmes coulent dans ta tête
Petit poète, on choisit pas sa planète
Petit poète, ne renie pas ta promesse
Petit poète, les mots guérissent comme ils blessent
Nul n’est poète en son pays
Nul n’est poète sans sombrer dans l’amnésie
Nul n’est poète dans la vraie vie
Nul n’est poète à 8 ans et demi
Nul n’est poète en son pays
Nul n’est poète dans un monde qui se suffit
Nul n’est poète au milieu des cris
Nul n’est poète à 8 ans et demi
À part quand tes yeux perlent d’espoir
À part quand ton cœur défie le noir
À part quand tu traverses le miroir
À part quand tu t’inventes des histoires
À part quand la prose est ton nectar
À part quand tes ailes sont ta mémoire
À part quand la beauté t’égare
À part quand son parfum fissure les pierres de tes remparts
Petit poète, les larmes coulent dans ta tête
Petit poète, on choisit pas sa planète
Petit poète, ne renie pas ta promesse
Petit poète, les mots guérissent comme ils blessent
Nul n’est poète en son pays
Nul n’est poète car qui comprend la poésie?
Nul n’est poète et je comprends qu’ils rient
Nul n’est poète à 8 ans et demi
Nul n’est poète en son pays
Nul n’est poète sans enfouir ses mélodies
Nul n’est poète sans cacher ce qu’il écrit
Nul n’est poète à 8 ans et demi
À part quand la douceur est ton savoir
À part quand tes peurs ne sont qu’illusoires
À part quand l’amour est ton territoire
À part quand ton sourire est toute ta gloire
À part quand tu valses avec le hasard
À part quand tu parles avec le brouillard
À part quand tu gardes ton âme de moutard
À part quand tôt ou tard t’arbores ton art en étendard
Nul n’est poète en son pays
Nul n’est poète tant qu’il le nie
Nul n’est poète tant qu’il se fuit
Nul n’est poète, sauf à 8 ans et demi

« À l’ancienne »
Paroles et musique : Xavier Roberti
Chant : Claire Deliège
Je tourne en rond pour avancer chaque semaine
L’amour du métier coule dans mes veines
Année après année, le temps s’égrène
Je trace l’avenir dans le passé, à l’ancienne
C’est peu dire qu’elle se donne, la patronne
Elle polit comme personne mon bois polychrome
Son métier la passionne, autant qu’elle me bichonne
Et quand elle me chiffonne, j’ai les poils qui frissonnent
Quand le moteur s’actionne, c’est son âme qui résonne
Sans façons elle façonne la ferveur qu’elle vous donne
Car dès que la cloche sonne, ses souvenirs rayonnent
Et elle s’acquitte de sa besogne, sans vergogne
Je tourne en rond pour avancer chaque semaine
L’amour du métier coule dans mes veines
Année après année, le temps s’égrène
Je trace l’avenir dans le passé, à l’ancienne
Moi je n’suis qu’un des chevaux, figé sur mon poteau
J’ai à tire larigot des marmots sur le dos
Ils admirent mon garrot et ma queue en plumeau
Je les mène au galop, de bas en haut
Leurs rires sont un cadeau, loin de moi les sanglots,
Le pire est un gros mot rangé sous mes sabots
Un jour nous serons de trop, dépassés par le flot
Les valses et les grelots, ça vaut pas la techno
On se bat pour la place, écrasé par la masse
Les décibels nous cassent ? On répond par la classe
Avec un peu d’audace, on passe et on repasse,
C’est un tour de passe-passe, qui nous replace
Je doute que l’on surpasse le temps qui nous efface
Et chaque victoire ressasse celle de Samothrace
On gagne notre surplace avant de perdre la face
Quand un enfant m’enlace, c’est comme la dernière valse
Je rêve qu’une trêve s’élève dans la relève
Que l’agonie s’achève toujours en sève
La magie qu’on abrège mérite un sortilège
Prolonger nos arpèges comme un privilège mais…
Voilà, le vent se lève, et grève mon manège
Mon bois se désagrège, c’est mon cortège qui crève
Quatre gondoles s’affaissent sur leurs jolis sièges beiges
J’emporte le florilège de nos chevauchées brèves
Mais j’ai le cœur léger, quoiqu’un peu fissuré
Par une tige torsadée, cuivrée de toute beauté
À laquelle s’accrochaient les mains de vos aînés
Cherchant les étriers sans les toucher des pieds
J’écoute la cloche tinter avant de m’envoler
Le chant de l’orgue usée charrie les belles années
Je pars sans regretter pour ma dernière tournée
Le carton perforé que la patronne chantait
Je tourne en rond pour avancer chaque semaine
L’amour du métier coule dans mes veines
Année après année, le temps s’égrène
Je trace l’avenir dans le passé, à l’ancienne

« En phase »
Paroles et musique : Xavier Roberti
Léger plissement au coin des yeux
Comme un flottement au creux des cieux
Le corps en berne, le cœur gouverne
Je suis en phase et sans emphase
L’index épouse l’empreinte de l’ange
Les lèvres acquiescent à ce silence
Les mots s’inclinent, la grâce fascine
Je suis en phase, et sans emphase
Iris brillants, reflets d’argent,
J’évite les trilles de l’ère du temps
Les peurs s’abîment, le rêve sublime
Je suis en phase, et sans emphase
Les notes dansent et l’âme s’élance
Le tambourin joue la balance
Le son me porte, les vents l’emportent
Je suis en phase, et sans emphase
Léger plissement au coin des yeux
Comme un flottement au creux des cieux
Les notes s’estompent et l’onde succombe
Je sonde le monde de la pénombre
Le temps s’évase, la vie s’embrase
Une dernière phrase : je suis en phase